Le Tartuffe de Molière à La Filature… et au Lycée Lavoisier !

mardi 20 janvier 2015
par  Audrey Blind
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©VINCENT ARBELET - A. REINHORN, Y. GASIOROWSKI

Vingt élèves de 2d3 et 2d9 volontaires pour participer à ce projet théâtre ont unanimement salué la performance des jeunes acteurs venus les voir le vendredi 12 décembre 2014. La querelle amoureuse entre Valère et Mariane revisitée de manière tantôt tendre, tantôt survoltée, a rencontré un grand succès parmi les lycéens (et les professeurs !) présents. Le spectacle vu le lendemain soir a séduit par la modernité de la mise en scène et le talent des acteurs, lesquels nous ont confié avoir eu beaucoup de plaisir à jouer devant les élèves, saluant leurs qualités d’écoute et d’adhésion. De quoi dépoussiérer l’image de la comédie classique et peut-être créer un goût nouveau chez ces élèves qui fréquentent peu les théâtres…

Une expérience « tartuffiante » (par Deniz Temur, 2d9)

Lors de cette année de seconde, en français, notre professeur Mme Blind nous a enseigné le théâtre ; nous avons étudié de très près une pièce écrite par Molière : Le Tartuffe. Orgon, bourgeois fortuné et pieux, recueille Tartuffe dont il admire la dévotion. Mais ce séducteur invétéré n’est qu’un imposteur attiré par la fortune de son hôte qui se laisse piteusement abuser.

Deux comédiens au lycée Lavoisier

Le vendredi 12 décembre, nous avons eu la chance d’avoir pour invités Aurélie Reinhorn et Yoann Gasiorowski, qui interprètent respectivement Mariane (la fille d’Orgon) et Valère (l’amant de Mariane) dans la pièce. Ils s’étaient promis le mariage jusqu’à découvrir les intentions d’Orgon qui étaient de marier sa fille à Tartuffe ! Valère apprend la nouvelle et va donc en demander confirmation à Mariane…C’est cette scène (acte II, scène 4) qui a été jouée devant nous.
Tout d’abord, les deux comédiens sont entrés sur « scène » (dans la salle polyvalente du lycée), en se tenant par la main et en se présentant à nous en tant que Mariane et Valère.

Ils ont raconté rétrospectivement leur rencontre, leur jeunesse, et cette période où Tartuffe hantait la maison d’Orgon… C’est alors qu’ils se sont mis à jouer cette fameuse scène de dispute entre eux, c’était très comique car l’un corrigeait les défauts de mémoire de l’autre : « Oh non ! tu me regardais avec plus de méchanceté ! ». Ils recommençaient encore et encore leur dispute jusqu’à être fous de rage, pour la plus grande jubilation du public. Mariane pleurait, Valère criait mais finalement se raisonnèrent et s’embrassèrent.
Après la saynète, nous avons eu le droit de leur poser des questions concernant leurs études, leur vie de comédiens, leur apprentissage de la pièce, leurs impressions…
Nous avons appris qu’ils étaient de jeunes comédiens sortant d’école, qu’ils jouent cette pièce dans toute la France guidés par leur metteur en scène Benoît Lambert, qu’ils répètent tous les soirs à 17h, qu’ils se déplacent de ville en ville en train, que la pièce en alexandrins les a d’abord déstabilisés – comme nous ! –, et qu’ils n’avaient compris qu’au fil du temps que c’était là leur vocation, ayant fait d’autres études auparavant (prépa littéraire ; fac d’histoire…).

Le lendemain à la Filature

Le lendemain soir nous sommes allés voir la pièce à la Filature où nous avons retrouvé les acteurs rencontrés la veille.
C’était une mise en scène moderne, comique, très intéressante. Le rôle de Mme Pernelle (la mère d’Orgon) était confié à un homme à la voix tonitruante ; Dorine (la suivante de Mariane) jouait de façon mobile, émotive, véritablement maître de la comédie. Elle a même ajouté une réplique en allemand qui ne figure pas dans le texte original dans la scène où Orgon ne cesse de dire « Et Tartuffe ? » pour bien montrer à quel point il ne l’écoute pas et est uniquement préoccupé de l’imposteur.

©VINCENT ARBELET - M. SCHAMBACHER, M. BERMAN


Cette improvisation est venue à l’actrice durant les répétitions. On retiendra également un Orgon sérieux, sévère, naïf, accompagné d’un Tartuffe manipulateur et hypocrite.

©VINCENT ARBELET - E. VÉRITÉ, M. BERMAN

Le décor était sobre, moderne, et mobile (des panneaux noir et or suspendus pour figurer les murs et le plafond) et permettait aux acteurs de dynamiser leurs déplacements, de voir sans être vus. La dernière scène était sans doute la plus marquante avec l’apparition de l’envoyé du Prince en costume d’époque alors que tous les autres étaient en costumes modernes (années 1950), tel un ange qu’un projecteur éclairait, rivé sur lui. Les autres personnages étaient captivés par cette apparition et se mirent à genoux en chantant leurs répliques à l’unisson au lieu de les dire séparément.